Depuis que Macron est président, j’entends souvent cette phrase comme une incantation justifiant son pouvoir et les décisions que prennent son gouvernement et lui-même.
C’est vrai. Il a bien été élu démocratiquement et selon nos règles. Cependant, si nous faisons la somme des abstentionnistes et des gens ayant voté blanc ou nul, nous obtenons plus de 34% des inscrits qui n’ont souhaité apporter leur voie à aucun des deux candidats présents au second tour. Rendez-vous compte qu’avec 46,3% des inscrit ayant voté Macron, ça fait moins d’un français sur deux ayant réellement voté pour lui. Il y a comme un soucis de représentativité. C’est bien de ça dont il est question lors d’une élection démocratique. Nous choisissons une personne dont le devoir sera de nous représenter pendant la durée de son mandat.
Avant de tout chambouler dans notre type de scrutin, prendre en compte les non-satisfaits quand ils sont aussi nombreux devrait être une priorité.
Je fais face à un sentiment mêlé de joie de ne pas voir un parti fasciste arriver au pouvoir en France, et de colère quant à ce Macron libéral, plein d’orgueil, pur produit de la société capitaliste, qui prend les rênes de notre pays pour cinq ans.
Peut-être que je me fais des idées et qu’il ne va rien changer (quel bel espoir ). Mais j’ai peur qu’il s’en donne à cœur joie pour faire des ponts d’or aux patrons et transforme le droit du travail déjà pas vraiment brillant en droit des start-ups où tout est permis pour faire du profit et survivre.
Je viens de me mettre un rappel pour dans cinq ans histoire de venir ici en faire le bilan.
Après ce bilan catastrophique du PS au pouvoir, je n’en attendais plus rien. Dégoûté que j’étais. J’ai juste été soulagé que Valls ne gagne pas la primaire. Je connaissais mal Hamon mais au premier abord, ses idées semblaient intéressantes, sociales, pour changer… J’avais cependant toujours en bouche cet arrière goût de moisi en pensant à ces deux lettres : PS. Il n’était donc pas question pour moi de voter pour lui.
Au fil de la campagne, ses idées se sont affaiblies et il est complètement sorti de mon radar. Néanmoins, je ne peux que reconnaître qu’il a fait son job jusqu’au bout, avec brio. Il a été lâché par tout son parti au fur et à mesure mais a tenu bon, droit dans ses bottes, jusqu’au discours de défaite.
Je me pose d’ailleurs la question suivante. Comment est-il possible à des cadres d’un parti d’appeler à voter pour un autre parti que celui pour lequel on est encarté sans être inquiété ? Quelque chose doit certainement m’échapper mais je vais me renseigner.
Voici les deux candidats accédant au deuxième tour de cette présidentielle 2017. Nous verrons dans deux semaines mais il y a fort à parier que Macron l’emportera. Ce banquier qui a atterri on ne sait trop comment au PS, pour gravir les échelons du pouvoir à toute vitesse, risque de devenir notre président pour 5 ans. Lui et ses idées libérales. Lui qui veut supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, économiser 10 milliards sur l’assurance chômage, réduire les dépenses publiques… Un vrai mec de gauche quoi ! Et tous ces gens du PS qui l’ont suivi… Je pense qu’ils ont oublié que le S signifie socialiste : quelle mascarade !
Depuis des dizaines d’années, nous enchaînons les politiques libérales, centrées sur les entreprises. Toujours plus d’aides, aux PME (ce qui est très bien), comme aux grands groupes (qui se gavent déjà), en oubliant de faciliter la vie des gens, ceux qui sont à la base de tout. Quels sont les derniers vrais acquis sociaux ? La retraite est toujours plus repoussée, à tel point que les gens de ma génération ne préfère pas y pense. Le chômage n’est près d’être endigué, malgré les progrès technologiques permettant plus de rentabilité et moins de travail. Rien n’est fait pour encadrer les horaires et répartir les charges restantes tout en conservant un salaire décent. En attendant, les entreprises françaises sont championnes des dividendes versées aux actionnaires ! Et oui, c’est la crise, l’austérité est de rigueur…
J’avais encore l’espoir un peu fou que ça change. Il faut vraiment que je me réveille. Sois je ne comprends rien à rien, soit tous les gens qui pensent comme moi ne sont pas aller voter. Comment un Macron, en pleine continuité de ce qu’on nous a servi jusqu’à maintenant peut-il être en tête ?
Je me rends compte que je suis presque plus décontenancé par un Macron en tête que par une MLP au second tour. Comme quoi les temps changent, et pas en bien…
Les têtes se succèdent, mais au final, rien ne change vraiment. Ils sont trop bien là-haut pour risquer de tout chambouler.
Dans une semaine, le premier tour des élections 2017 sera bouclé et je connaitrais les candidats en lice pour le second. Le soucis, c’est que je ne sais sincèrement pas encore à qui donner mon vote. Je déteste le vote utile, j’en ai assez du vote contre, et en même temps, j’ai peur d’un vote dilué sur un « petit candidat », pouvant aboutir à ne même pas pouvoir voter contre au second tour.
Voilà à quoi j’en suis réduit, moi qui ai toujours considéré mon droit de vote comme un devoir. Il faut que les choses changent, que la politique change, que les élections changent. Il doit être possible de mettre en avant ses préférences sans pour autant favoriser les gros sachant sachant bien regrouper ses moutons.
Une idée pour faire évoluer l’élection pourrait être d’utiliser le jugement majoritaire que j’ai découvert il y a peu avec ce billet.
J’ai envie d’y croire même si je sais que ça ne sera pas pour cette fois. Au moins, pourrait-on ne pas attendre 4 ans avant de nous bouger.
Le mot est fort mais je n’en ai pas faire en tête. Que dire d’une élection où les débats de fond et les programmes (même si nous savons qu’ils ne valent rien) auront été aussi inexistant que les réformes socialistes lors du quinquennat de François Hollande ? Où les petites phrases et les ralliements incongrus auront fait les beaux jours des médias (merci à eux) ? Où les primaires des deux gros courants politiques n’auront été qu’une mascarade ? Où à quelques semaines du premier tour, François Fillon (Les Républicains) campe sur sa position de candidat en étant mis en examen et en ayant reconnu les faits : sa femme a touché de l’argent public sans raison, ses fils ont été employés comme avocats avant même d’avoir terminés leurs études…
La dernière en date, à l’heure où je rédige ces lignes ? Le ralliement de Valls (PS) à Macron (En Marche), alors même qu’il avait signé la charte de la primaire qu’il a perdu. Cette dernière stipulait le fait de soutenir le vainqueur. Je vous laisse maître des conclusions à en tirer.
Je dis ça depuis plusieurs mois maintenant mais j’ai hâte que l’élection se termine même si je ne suis pas dupe : la comédie est loin d’être terminée. Merci à tous ces politiques de nous dégoûter des instances qui dirigent notre pays. Grâce à vous, nous gardons confiance en l’avenir !